De l’évolution des caractères
Je suis Cédric Beau, prof de chinois, auteur de la formation vidéo en ligne Méthode Crampe© pour apprendre le chinois rapidement, et grand passionné de la Chine et du Chinois. Je vous souhaite la bienvenue sur mon blog et une bonne lecture!
Durant les derniers millénaires, les caractères chinois ont subit diverses modifications, nous allons nous y intéresser rapidement en nous basant sur l’exemple du caractère 车, la voiture.
Dans un premier temps, il y a les 甲骨文, ce ont des inscriptions sur Os qui servaient à la divination. Ils étaient interprétés en fonction des différentes fissures qui se produisaient sur les os lorsqu’ils étaient mis sur des braises, et on remarquera notamment l’importante utilisation des carapaces de tortue, dont la configuration était plus pratique pour ce genre d’exercices. Une fois les fissures interprétées, l’on utilisait un stylet pour graver ces « dessins » à côté de la fissure en question. L’on remarque que, comme pour une écriture hiéroglyphique ancienne, le dessin est très explicite : des roues, un axe, un attelage…
Suite aux inscriptions sur carapaces de tortue que l’on peut voir évoluer tout au long de la Dynastie Shang (16ème siècle au 11ème siècle avant JC), on assiste à une harmonisation des caractères avec l’écriture Bronze (金文).
L’écriture Bronze dure pendant les dynasties Shang et Zhou (11ème siècle à 256 avant JC), et s’appelle aussi 钟鼎文, zhong-dingwen.
L’écriture Bronze se réalisait là aussi grâce à un stylet.
Vient alors l’écriture dite écriture du petit sceau. C’est le premier empereur de la dynastie Qin (221-207 avant JC) qui a simplifié et uniformisé les caractères.
Il a par ailleurs officiellement déclaré le XiaoZhuan 小篆 comme l’écriture standard de la Chine.
Nous passerons outre le style dit du grand sceau, que je considère comme un style transitoire moins important (大篆, da zhuan)
Mais avec l’apparition du pinceau à pointe molle à la place du stylet, l’on se rend compte qu’à la fin de la dynastie Qin un nouveau style nait : le style LiShu 隶书. Il deviendra le style officiel sous la dynastie Han (206-220 après JC)
Le changement entre les caractères du petit sceau au style lishu représente un énorme développement des caractères chinois anciens aux plus modernes.
Le style Lishu devient alors la base des caractères chinois tels que l’on peut les connaître aujourd’hui, et l’on peut retrouver beaucoup de ressemblances avec les caractères traditionnels.
Un script plus régulier s’est ensuite développé à partir du style Lishu : le Kaishu 楷书. Né à la fin de la dynastie Han, il est encore utilisé de nos jours, soit depuis 1800 ans!
Des versions plus cursives, plus écrites, ont aussi vues le jour à la fin de la dynastie Han, tel le CaoShu 草书. C’est, en simplifiant, une écriture plus rapide, moins attentive et plus simple des caractères du style Lishu, très en vogue dans la calligraphie chinoise.
Un autre style a été très populaire durant la période des Trois Royaumes, le style 行书. Très arrondi, l’on pourrait le comparer avec l’écriture manuscrite actuelle des caractères (avec un style bic par exemple). Plus rond, plus lié, il est plus agréable à écrire que le Kaishu et plus facile à lire que le Caoshu, et est toujours utilisé de nos jours dans la vie courante.
Et il conviendra de remarquer qu’au milieu du 20ème siècle, toute une série de réformes ont été mises en place (1950-1980), notamment la simplification des caractères.
L’avantage de cette simplification est bien évidemment de pouvoir plus facilement écrire et lire les caractères, ce qui de facto devait aider à l’alphabétisation des masses (malgré le contre exemple japonais au surprenant taux d’alphabétisation). L’on perd par contre en sens, car si dans les caractères traditionnels l’on pouvait identifier facilement les composantes, ce n’est plus le cas avec les caractères simplifiés. Même l’idée essentielle se perd, dans 车 l’on ne retrouve même plus la symétrie du caractère sur « l’axe des roues » que l’on avait pourtant facilement identifier pendant les 6000 ans de l’histoire de ce caractère.
Par ailleurs, plusieurs caractères traditionnels peuvent ne donner qu’un seul caractère simplifié, la perte de sens est donc double, et l’on comprend pourquoi les intellectuels gardent les caractères traditionnels pour la calligraphie.
L’histoire et l’évolution des caractères permet de mieux apprendre le chinois, découvrez ma formation!
Cédric Beau
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